Je me suis redressé d’un coup, haletant, le torse trempé de sueur, le cœur battant comme un tambour affolé. Je ne savais plus où j’étais. Je voyais flou. J’avais l’impression de courir encore, de fuir, de tomber.
J’ai soufflé fort, la main sur le torse, comme si je voulais retenir ce cœur qui battait trop fort pour moi. Ce cauchemar… encore. Toujours le même.
Le sable.
La chaleur.
Les cris.
Et cette impression de ne jamais pouvoir se réveiller.
Puis les images se sont dissipées. Un simple lit. Un mur blanc. Une odeur de nourriture qui venait de la rue.
Je me suis allongé à nouveau, le drap collé à mes jambes. Autour de moi, tout était calme. Le vrai silence. Pas celui du désert, qui cache la peur.
Je me suis levé et je suis allé jusqu’à la fenêtre. Dehors, la journée commençait. Des voix s’élevaient dans la rue. J’entendis même un enfant rire. Puis mes yeux se sont arrêtés sur mon reflet dans la vitre.
Le corps n’avait presque pas changé. Mais mon regard, lui, cherchait quelque chose qu’il ne trouvait plus. Une légèreté. Une confiance dans le monde que j’avais eue avant, et qui n’était plus là.
Les souvenirs sont revenus sans prévenir. Ils se mélangeaient et n’arrivaient jamais dans l’ordre. Une frontière. Un visage. Une nuit. Un rire. J’ai compris que ces images ne me quitteraient jamais.
Alors, il ne me restait plus qu’une chose à faire : les raconter.



